René Le Coz, ébéniste et sculpteur



  René Le Coz (1881-1961) est certes moins connu que son beau-frère Camille Boucher et son cousin Loeïs Restmais ses sculptures s'inscrivent dans la tradition des ébénistes scaërois de la fin du 19e siècle : «Ses panneaux  d'une facture irréprochable  ornaient si bien le mobilier celte taillé en facettes comme le diamant »

René Le Coz  avait pris la suite de Jean-Joseph Le Reste avant de créer son entreprise.
  photo prise en 1960

Les gavottes,  un bas-relief plein de vie et de grâces


Après 3 années d’apprentissage à Saint Malo, il fait un séjour à Paris, puis revient en Bretagne . « Trois ans d'apprentissage. Pas un centime en poste mais quelle joie à l'âme. Jeune compagnon, j'ai fait comme mes aînés: en partant sur le trimard . On m'a vu à Rennes , à Morlaix et dans d'autres villes de Bretagne. Oui, c'est vrai pareil vagabondage servait à quelque chose un ouvrier qui n'avait pas voyagé ignorait tout ».

En 1905 , il se retrouve à Scaër embauché par Jean-Joseph Le Reste. Trois ans plus tard, il retourne à Saint-Malo. Il entretient alors une relation épistolaire avec Félicie, la fille de Jean-Joseph Le Reste, qu’il épouse en 1910  « J'étais établi à Saint-Malo quand la Grande Guerre est survenue. Un trou noir ! Et puis en 1919, Camille Boucher et moi, nous avons pris la suite du beau-père. » ( Camille Boucher avait épousé Marie Anne, soeur de Félicie)

La profession a, jadis, nourri son homme

Quelques années plus tard, il quitte cette entreprise et continue avec quelques compagnons ébénistes avant de travailler seul en artisan. " Autrefois, la profession a nourri son homme .une belle armoire sculptée trouvait amateur à 1500 et même 2000 francs (*). Maintenant c'est un métier de crève la faim. Les gens n'aiment plus le meuble décoré et se perdent dans le cubisme et l'abstrait ». 


Des meubles sculptés par les ébénistes
Scaërois , héritiers de l'atelier Le Reste

                       
               "Les gens n'aiment plus le meuble décoré"


Cet extrait de la Dépêche de Brest du 18 mai 1927 confime
que René Le Coz avait sa propre entreprise. Le jeune primé 
lors de cette exposition doit être son fils


On lui doit la sculpture de meubles bretons, des statuettes, crucifix, bénitiers . Il a aussi réalisé l’empoutrement de la chapelle de Cascadec en 1926.

(*) 2000 francs de 1960 = équivalent en 2026: 3500€

Sources: Roger Montaron Ouest-France 25/04/1960