Gilles Chauvel, sabotier manuel . La 3D dans la tête



Lors de la fête du Sabot de 2018, Gilles Chauvel ( 1937-2025), un sabotier retraité,  montrait sa technique de fabrication de sabots à la main à partir d’une pièce de hêtre. Dans la  famille Chauvel  installée à Corlay, plusieurs générations de sabotiers ont été recensées depuis 1720.

Les anciens sabotiers avaient la 3D dans la tête

Le dernier sabotier travaillant à la main

«  Faire des sabots à la main, cela ne s’improvise pas. Je suis le dernier à le faire. Avec les machines-copieuses on peut facilement faire un sabot gauche et droit différent. A la main, Il faut réussir à faire une paire symétrique ». Un   spectateur ajoute «  Pas besoin de logiciel : Vous avez donc  la 3D dans la tête »

 Il explique qu’autrefois les sabotiers vivaient dans les forêts: « Ils construisaient leur hutte là où était la matière première». Le sabotier poursuit: «  Pour les marins, on faisait des sabots en peupliers, un bois plus tendre. Ils ne mettaient pas de caoutchouc en –dessous. Ils marchaient dans le sable qui s’incrustait dans la semelle, ce qui permettait de ne pas glisser sur le pont des bateaux. Les danseurs aimaient bien aussi ces sabots plus légers que le hêtre ».


Une paire de sabots de contrebandier: le talon est à l'avant

Il présentait évidemment le sabot du braconnier qui a la particularité d’avoir le talon à l’avant, pour tromper le garde-chasse sur le sens du déplacement : « Le sabotier était un peu complice. Il savait à qui il avait affaire : pas besoin de parler ! un clin d’œil ne suffisait pour comprendre la demande. Et il n’était pas contre de recevoir un lapin en échange de son travail pour améliorer l’ordinaire »

A lire aussi un reportage complet sur  sa venue à Coat-Loc'h: Rencontre-avec-Gilles-Chauvel