La tourbière de Rosbic.



Durant la guerre 39/45, l'approvisionnement en charbon n'était pas évident. La tourbe constitua une énergie de substitution. Elle fut extraite sur plusieurs sites de la commune.
Laurent Cariou, qui avait une entreprise de transport et de construction, commença à exploiter le gisement de tourbe de Rosbic, route de Bannalec, en 1941 . Il employait 25 ouvriers en 1942. "Il  y a des tourbes qui sont comme des éponges. A Rosbic elle était aussi dure que du charbon" expliquait-il en 1982.


La tourbière  borde la route de Scaër à Bannalec
La tourbière de Rosbic

 Une trentaine de  personnes travaillaient  dans la tourbière sous la direction de Thomas Lucas. Le gisement de Rosbic avait une hauteur variant de 1,60  à 2,40 mètres. L'origine de ce gisement remonte à plusieurs centaines de millions d'années quand les torrents apportaient le granite  en décomposition des Montagnes Noires sous forme de sable. Une lagune ou un marais occupa les abords de Coat-Loch, Rosbic, Pont Lédan, Miné Wern Zu. "Dans ces zones humides, la végétation se décompose à peu à peu pour se transformer en tourbe. On retrouve encore dans les tourbières des troncs d'arbre entier à plusieurs mètres de profondeur".

Comme dans du beurre...


 On extrayait jusqu'à 12 tonnes par jour à Rosbic. Un témoin  de cette époque explique comment on extrayait cette source d’énergie: « On enlevait d’abord la croûte herbeuse et une pellicule de terre de bruyère. Puis avec une grande lame d’acier ( la tourbe ne colle pas sur l’acier ), on découpait des lanières, longues de plusieurs mètres et profondes de 1 à 1,50 m. La lame s’enfonçait comme  dans du beurre .  Ensuite, avec un petit couteau, on découpait des mottes carrées, de 15-20 centimètres de côté.  On  transportait cette tourbe fraîche vers une garenne où elle était séchée. Des femmes retournaient de temps à autre les mottes de tourbe pour qu’elle sèchent des deux côtés".

 
En été, c'était sec en trois semaines. Un wagonnet amenait ensuite la tourbe jusqu'au bord de la grande route pour le camion. La production allait chez les marchands de charbon de Quimper, Pont- L'Abbé et Scaër. La tourbe brûlait bien dans les cuisinières, mais moins bien que le charbon denrée rare en temps de guerre.


La tourbe remplaça le charbon durant la guerre 39/45

 Laurent Cariou eut quelques problèmes avec les  troupes d'occupation. Peut-être pour une affaire de marché noir ou d'arme volée à l'occupant dans un café du bourg ? Il fut déporté mais la connaissance de la tourbe lui a  valu  d'éviter les camps de concentration. Surnommé " Meister Torf",( maître tourbe) il travailla comme prisonnier dans les tourbières allemandes.  La tourbière de Rosbic fut alors exploitée par M. Jégou.

Les  ennuis  de M. Cariou furent-ils en lien avec une histoire de tract communiste
découvert  à la tourbière de Rosbic. On y apprend qu'il employait 25 ouvriers
( cliquez pour plus de lisibilité)



A lire sur ce sujet:  la tourbière de Miné-Wern-Zu


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