René Hélézen, sculpteur et tourneur

 


René Hélézen (1908-1981) et son épouse, née Marie Crenn, ont tenu boutique durant plusieurs décennies Rue Voltaire, au bas de la place de la mairie . Une boutique à deux visages : d'un côté le café, de l'autre le bazar. Peu de choses à dire sur l'estaminet dont se souviennent les anciens Scaërois, car il ressemblait à tous les cafés de campagne. En revanche le bazar était  riche en bibelots divers. On y voyait en 1960 une foule d’objets sculptées,  tournée, cloutées ouvragées qui séduisent ordinairement le touriste.


Lors de la Mi-Carême de 1935  entouré de Louis et  René Morvan, menuisiers

Dans son atelier en 1960

.


Des meubles aux objets décoratifs

L'initié soupçonne un drame et René  Hélézen  se défendait pas. Élève de l’atelier de Jean Joseph Le Reste et de René Le Coz, René Hélézen a complété ses connaissances à Lorient  «  Au sculpteur breton » à Lorient. Il a estimé en 1926 qu'il pouvait voler de ses propres ailes : son affaire date de cette époque. Mais un cas de conscience à bientôt surgi : la décadence du meuble breton se précipitait. Le salut était peut-être de chercher une autre voix en décorant des petits objets tel que thermomètre, baromètre, lampes de chevet, serre-livre coffret à bijoux….


Une porte de buffet décorée par René Hélézen et Mathieu Le Sauze 
réfugié lorientais, durant la guerre 39-45.



René Hélezen  a diversifié son activité
en fabriquant  de petits objets de ce genre


.L’essai qu'il a tenté a été concluant. Malheureusement ces petits riens ne relevaient que du commerce saisonnier parce qu'ils n'intéressaient que les estivants de la côte. Que faire durant le temps mort, neuf mois de l'année ?  Fallait-il pour renoncer à la clientèle des menuisiers de Cornouaille, clientèle régulière et constante ? René Hélézen a choisi de rester fidèle aux artisans qui attendaient de lui des panneaux sculptés. Mais  il a ajouté une corde à son arc : le tournage. 
 Il ajoute : Ce sont les fabrications à la machine qui nous ont tué. Elles disposent de moyens matériels plus rapides, plus puissants. Mais à la réflexion c'est aussi le goût du public qui a aussi changé.  À moins d'un miracle les sculpteurs sont voués à la disparition. Par voie d'extinction naturelle c'est un monde condamné, sans espoir de retour".


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