Cascadec. Le car Sinic



Dans les années 50, avant la mise en service d’un service municipal de ramassage scolaire, les écoliers demeurant à la campagne devaient souvent  passer la semaine, voire le mois à l’internat, qu’ils soient dans un établissement public ou privé. Exception : les enfants du quartier de Cascadec, qu’ils soient ou non enfants d’employés de la papeterie, utilisaient le « car Sinic » du nom de son propriétaire.
Rémunéré par la Papeterie Bolloré, ils conduisaient  tous les enfants des quartiers de Cascadec, de Kergaouen, de Stang Boudilin, de Neuziou et Pont Lédan jusqu’aux établissements scolaires de l’agglomération.

Les reconnaissez-vous ?

40 gamins s’entassaient dans ce car équipé d’un moteur de traction avant :il ne pouvait guère dépasser la vitesse d’une bicyclette pour monter la côte de Pont Lédan jusqu’à Croix Sinquin. 

Ils se souviennent évidemment de multiples anecdotes et du caractère pour le moins pittoresque du chauffeur du bus:  "Le car  transportait fréquemment 45-50 enfants dans ce car de 20 places qui roulait avec un moteur de traction Citroën.Il montait la côte de Pont-Lédan à 10 Km/h.  Le mécano venait quelquefois dans le car avec nous, on avait le droit au bruit en plus car il enlevait le capot pour "sentir" la mécanique, c'était Docteur Navellou".

Cette photo daterait de 1949



  Pendant les vacances d’été, ce car assurait le transport vers la plage de Kerlivin à Fouesnant, avec les parents, par petits groupes de quartiers, leur permettant de découvrir la mer.

A lire aussi le témoignage  de Roger Douget  dont voici un extrait cocasse : "Il disposait de beaucoup de temps passé à nous attendre puisque les cours se terminaient à 17 heures, son autocar stationnait devant la pharmacie Morvan ou l’ hôtel Massé où il arrivait vers 16 heures  et ne repartait qu’ à 17h30. Ce qui lui donnait l’occasion de boire plusieurs coups et de bien « charger la mule ». Point nécessaire d’utiliser l’alcootest pour mesurer les grammes: plus c’était chargé, plus il gueulait fort. Un jour de grande fatigue il s’endormit sur son volant et aucun d’entre nous n’ayant osé le réveiller, nous dûmes tous rentrer à pied. Le lendemain toute la cargaison eut droit à une engueulade mémorable."
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