La Croix de Mission



Le carrefour dit de « la Croix de Mission » , en haut de la rue Jean Jaurès est le point de départ de la rue Curie, un carrefour historique où se rejoignent les routes de Coray,Bannalec-Rosporden, Le Faouët, et depuis le début du XXe siècle, la rue Queignec menant à la gare. C’était un lieu animé avant guerre puisque deux établissements scolaires existaient à proximité, sans oublier la gendarmerie et plusieurs commerces. La croix de bois qui occupait le centre du carrefour a étéenlevée dans les années 80 car elle menaçait de tomber..
La croix de mission au début du XXe siècle



Prédications et conférences



Autrefois, pour raffermir la foi des fidèles, le clergé organisait de temps à autre des animations à forte activité religieuse. On les appelait « mission » car souvent c’étaient des prêtres de l’extérieur, parfois des missionnaires dans le sens habituel du terme, jésuites ou marianistes, qui venaient prêcher. Un ouvrage de M. Questel ( BNF Gallica)  signale que le Père Maunoir aurait fait une Mission à Scaër en 1646.
 Un témoin des dernières missions  raconte : « Le matin, il y avait messe basse, puis une conférence. L’après-midi, une autre prédication et la bénédiction du Saint-Sacrement. La mission durait 15 jours. Pour que les travaux des champs puissent se faire quand même, une semaine , c’était une partie de la famille qui allait à la Mission. Et la 2è semaine, l’autre partie. Il était d’usage de marquer chaque mission par une réalisation. Ainsi, des vitraux de l’église portent l’inscription : Souvenir de Mission, 1932 ».

Cette pratique est sans doute à l’origine de la Croix de Mission érigée au siècle dernier vraisemblablement. Sur le socle, aujourd’hui dissimulée dans une massif de verdure, une date : 1947 ! Il s‘agit de la dernière mission, la croix fut requinquée  à cette époque grâce aux soins d’un menuisier et d’un peintre.

Tapis de digitales

Le socle est toujours présent sous la végétation. A droite : photo de 1978


Dans les années 50, la Croix de Mission servait encore pour le culte, lors des processions de la Fête-Dieu. « C’était beau ! les riverains de la rue J Jaurès accrochaient des tentures rouges sur les façades. Les jeunes filles décoraient la chaussée de motifs géométriques floraux. Surtout des digitales abondantes à l’époque de la fête. Les processionneurs marchaient dessus pour aller à la Croix de mission où il y avait une halte avec un autel pour reposer le Saint Sacrement. La foule chantait « Lauda Jérusalem, Lauda Sion ».

La procession remontant la rue J. Jaurès. Au premier plan, une châsse contenant des  reliques
( Photo Burel, 1919)




 
Un reposoir  était installé devant la Croix de Mission



 
La procession repart vers l'église (carte postale vers 1950)
 
 
Il n’y a plus de processions depuis belle lurette. Faute d’usage, la Croix de bois a été délaissée. En 1977, on enleva le Christ, la croix subsista encore quelques années. Aujourd’hui il n’y a plus que le socle de granit sur les îlots directionnels, voisinant avec les panneaux directionnels peu discrets. 


Lors de la démolition de la croix , les élus avait évoqué l’idée d’y implanter un autre monument symbolique…quand le carrefour aurait été remodelé. Des élus avaient pensé la remplacer par le calvaire de Ty-Naour, ce qui suscita un tollé de protestations!  Son remplacement n’est plus dans les préoccupations immédiates ! Il n’empêche que pour l’esthétique du site l’idée vaut la peine d’être reprise : une stèle rustique ou historique peut redonner un usage au socle de l’ancienne Croix de Mission. 
 
Anecdote : la maisonnette à droite de la croix de mission sur la carte postale ci-dessus appartient à la "SCI Croix de Mission". C'est le siège de la section locale du...Parti communiste !